L'histoire de la ventouse
Il y a l’histoire de celui qui écrivit une lettre à ses parents, l’histoire de celui qui le dit en revenant à table avec l’eau pour le thé ou le café, il y a les histoires que l’on m’a raconté, il y a aussi l’histoire de la ventouse, ce sera la mienne.
Ce soir-là, je revenais de Lausanne ou j’étais allé au cinéma avec le garçon charmant dont je parle un peu plus bas. Arrivé à la maison je racontais le filme à ma maman qui adore qu’on lui raconte dans les détails ce que ses fils ont fait durant la soirée. Mon père arrive au salon et fait : « bon, j’vais au lit ». Moi je tripotais très nerveusement une ventouse qui devait servir à tenir un écriteau « bienvenue » sur notre porte d’entrée, je la casse ! « Nerveux, toi !! » me fit mon père. Et je leur dit : il faut que je vous dise quelque chose, je suis devenu blanc comme les murs du salon, qui d’ailleurs sont rose pâle. Et voilà vous aviez raisons, vous qui me disiez qu’une mère ressent ces choses-là. Elle le pensait, elle avait trouvé une photo de nu masculin dans le tiroir de mon bureau. Le fait que ma mère fouille dans mon bureau aurait du m’énerver ; mais ainsi, au moins, l’annonce de mon homosexualité n’aura pas été un électrochoc.